Les Pages d'Anatomie de Frederic-Charles Cloutier
 
Introduction
 
Table des Matières
 
Topographie
 
Aponévroses
 
Cutané
 
Squelette
 
Articulations
 
Musculature
 
Innervation
 
Vascularisation
 
Annexe 1
La Vascularisation

Les vaisseaux artériels, veineux et lymphatiques seront traités dans ce chapitre.

Artères

Le flux vasculaire de la main est plutôt complexe. Inutile de mentionner que le réseau est sujet à de grandes variations entre les individus et même entre les deux mains d'un individu. Il présente plusieurs anastomoses tant entre les systèmes ulnaire (interne) et radial (externe) qu'entre les plans palmaires superficiel et profond jusqu'au plan dorsal. La direction du courant sanguin pouvant se faire dans un double sens à l'intérieur de chaque artère, un système peut parfaitement se substituer à un autre. Grossièrement, la vascularisation artérielle de la main (incluant le carpe) provient de la réunion sous forme d'arcades des différentes branches des artères radiale et ulnaire. À la main et aux doigts, le système dorsal est de loin de moindre importance par rapport au système palmaire; par contre, on retrouve la situation inverse au niveau du carpe.

Face dorsale

L'artère radiale, en face antérieure à l'avant-bras, gagne la face dorsale du poignet via la tabatière anatomique. Du fond de celle-ci naît l'artère dorsale du carpe. Elle se dirige transversalement vers le dos de la main où elle s'unit à la branche analogue (dorsale du carpe) de l'artère ulnaire pour former l'arcade dorsale du carpe. De cette arcade naissent les braches destinées aux os et aux articulations du carpe ainsi que l'artère collatérale dorsale interne du cinquième doigt et les artères interosseuses dorsales des 2è, 3è et 4è espaces. Ces dernières s'anastomosent par les branches perforantes avec les interosseuses palmaires (provenant de l'arcade palmaire profonde)- voir dessin - avant de se diviser chacune en deux artères collatérales dorsales propres des doigts. Ces dernières s'épuisent sur le bord du doigt correspondant jusqu'à l'articulation inter-phalangienne proximale (dessin).
D: Interosseuse dorsale
PP: Interosseuse palmaire (profonde)
PS: Artère digitale (superficielle)
De la tabatière anatomique naît également l'artère dorsale du pouce. Elle longe la face dorsale du premier métacarpe et de la première phalange. En sortant de la tabatière, l'artère radiale poursuit son chemin en passant en avant du tendon de l'extensor pollicis longus et s'enfonce peu après dans l'extrémité proximale du premier espace pour gagner la face profonde de la paume de la main. Juste avant de s'engager dans le premier interosseux dorsal, elle donne l'artère interosseuse dorsale du premier espace qui se divise très tôt en artères collatérales dorsales interne du pouce et externe de l'index.

Face palmaire

À l'extrémité inférieure des os de l'avant-bras, l'artère ulnaire et radiale donne chacune une artère transverse antérieure du carpe qui s'anastomosent ensemble. À la main comme tel, on décrit classiquement un système artériel formé de deux arcades en des plans différents, soit profonde et superficielle.

 

L'arcade profonde provient principalement de l'artère radiale qui, comme il en a déjà été question plus haut, gagne la face profonde de la paume en traversant le premier interosseux dorsal. L'arcade est complétée en interne par l'artère cubito-palmaire (branche ulnaire profonde) qui se dégage de l'artère ulnaire au niveau de l'extrémité distale du pisiforme avec la branche terminale profonde du nerf ulnaire. Au cours de son voyage vers la profondeur, cette artère donne des rameaux pour les muscles hypothénariens. L'arcade ainsi formée se situe en avant de l'extrémité proximale des corps des métacarpes et en arrière de l'aponévrose palmaire profonde. Elle chemine au niveau du troisième métacarpe entre les deux chefs de l'adductor pollicis. Ainsi, en dehors du majeur, l'arcade donne naissance aux artères interosseuses palmaires des premier et deuxième espaces et, en dedans du majeur, aux artères interosseuses palmaires des troisième et quatrième espaces. L'ensemble de celles-ci passent en avant des muscles interosseux. La première artère interosseuse palmaire reçoit une anastomose de l'artère digitale du premier espace (la 5è digitale venant de l'arcade superficielle) et se divise alors en trois collatérales palmaires: externe et interne du pouce, puis externe de l'index. Les artères interosseuses palmaires des 2è, 3è et 4è espaces reçoivent chacune une branche perforante venant de l'interosseuse dorsale correspondante avant de s'anastomoser avec l'artère digitale correspondante (venant de l'arcade superficielle) à un point proximal à la division de cette dernière en collatérales palmaires (voir le dessin de la page précédente). Finalement, l'arcade palmaire profonde envoie de courtes branches récurrentes (direction proximale) vers la face antérieure du carpe pour les os et les articulations (rappelons que le système antérieur au niveau du carpe est de moindre importance que le système postérieur).

L'arcade superficielle est formée de l'anastomose entre l'artère ulnaire et l'artère radio-palmaire (branche superficielle de l'artère radiale) qui se dégage de l'artère radiale au point où cette dernière s'incline en dehors pour contourner l'extrémité distale du radius (et ainsi se retrouver dans la tabatière anatomique). Cette artère radio-palmaire passe soit devant, soit derrière, soit dans l'épaisseur même de l'abductor pollicis brevis et donne des branches pour les muscles thénariens avant de rejoindre l'artère ulnaire au centre de la paume. L'arcade superficielle atteint au "sommet de sa convexité" un niveau plus distal que l'arcade profonde et sa courbure est moins régulière. Elle est située juste derrière l'aponévrose palmaire moyenne (superficielle) et en avant des branches terminales des nerfs médian et ulnaire (branches superficielles pour ce dernier) et des tendons fléchisseurs des doigts (superficiels évidemment). De cette arcade sortent les artères digitales au nombre de quatre, en les comptant cette fois de dedans en dehors (inversément au numéro des doigts donc). La première croise en avant les muscles hypothénariens et atteint le bord interne du cinquième doigt pour devenir l'artère collatérale palmaire interne du petit doigt. Les 2è, 3è et 4è digitales parcourent les espaces entre les tendons fléchisseurs superficiels et s'appuient sur les lombricaux. Chacune reçoit deux anastomoses du plan profond en deux points, proximal et distal, (voir le dessin de la page précédente) venant de l'interosseuse palmaire correspondante (arcade profonde). Chaque artère digitale se divise en deux artères collatérales palmaires selon la distribution suivante: la 2è donne les collatérales externe du petit doigt et interne de l'annulaire; la 3è fournit l'externe de l'annulaire et l'interne du majeur; puis la 4è donne l'externe du majeur et l'interne de l'index. Il existe souvent une cinquième artère digitale qui s'anastomose avec la première interosseuse palmaire qui provient de l'arcade profonde. Chaque artère collatérale palmaire chemine sur un côté de la gaine du fléchisseur, derrière le nerf collatéral palmaire correspondant jusqu'à la phalange distale où elle s'anastomose avec la collatérale du côté opposé. Au cours de son trajet, elle donne plusieurs rameaux en direction dorsale du doigt à partir de l'interligne de l'articulation inter-phalangienne proximale environ, où la collatérale dorsale s'épuise généralement.

Veines

En règle générale, les veines accompagnent les artères, du moins en ce qui concerne les veines profondes (sous l'aponévrose superficielle). Ces dernières sont généralement au nombre de deux pour chaque artère et y sont étroitement liées. On les appelle veines satellites et elles s'anastomosent entre elles autour de l'artère. Il est donc inutile d'en faire ici une description plus détaillée (voir les artères). Par contre, les veines superficielles (au-dessus de l'aponévrose superficielle) sont très nombreuses et infiniment variables: il peut exister de grandes différences entre les deux mains d'un même individu. Le réseau veineux superficiel est davantage développé sur la face dorsale des doigts et de la main. En face palmaire, il consiste en un réseau de petites veinules qui se déversent en fait dans le réseau dorsal. Les veines superficielles de la face dorsale d'un doigt forment un réseau allant de l'ongle à la phalange proximale (1) où il se jette dans une arcade digitale (2). Les différentes arcades digitales se réunissent les unes aux autres dans les espaces entre les têtes métacarpiennes. De la réunion de deux arcades voisines naît une veine métacarpienne (3). Ces dernières s'anastomosent proximalement et forme l'arcade veineuse dorsale (4). Deux veines, la céphalique du pouce (5) venant de la face externe de ce doigt et la salvatelle du petit doigt (6) venant du bord interne du cinquième doigt se jettent aux extrémités radiale et ulnaire de l'arcade dorsale. L'aboutissement interne de cette arcade forme à l'avant-bras la veine cubitale superficielle (8); l'aboutissement externe forme la veine radiale superficielle (7).

Vaisseaux Lymphatiques

À la main, on ne retrouve aucun ganglion, mais que des vaisseaux collecteurs. Encore une fois, le réseau lymphatique se divise essentiellement en un groupe profond et un groupe superficiel. Les vaisseaux profonds sont satellites des vaisseaux sanguins. Ils accompagnent donc les arcades palmaires superficielle et profonde (rappelons que l'arcade superficielle est située juste en-dessous de l'aponévrose superficielle qui distingue les plans superficiel et profond en rapport avec les réseaux veineux et lymphatique). Les vaisseaux superficiels des doigts et de la main sont plus abondants en face palmaire. Les réseaux des doigts gagnent par contre la face dorsale de la main par les sillons interdigitaux. Les collecteurs de la paume cheminent antérieurement et sont rejoints au poignet ou à l'avant-bras par les collecteurs dorsaux.

 


Copyright © 2002 Manus.crchul.ulaval.ca