La construction navale aux Eboulements et a St-Joseph-de-la-Rive

Un navigateur, Jean-Baptiste Bonneau, lanca en 1793 le premier bateau construit aux Eboulements, la Marie-Louise, une goelette de douze metres cinquante de longueur et quarante-cinq tonneaux de jauge. En cette fin du dix-huitieme siecle, la construction du petit voilier a cependant ete un evenement isole puisque, dans Charlevoix, la construction navale se developpait surtout a Baie -Saint-Paul a ce moment-la.

Une seconde goelette, la Marie, de quarante-quatre tonneaux, fut lancee dix-sept ans plus tard. Deux autre suivirent en 1814, puis une autre en 1816, et ainsi de suite. Le mouvement etait amorce et les constructeurs des Eboulements allaient desormais prendre le pas. Tout au log du dix-neuvieme siecle, ils lancerent pas moins de 127 bateaux, dont trente-et-un entre 1850 et 1859. En tout 145 bateaux, le quart de la production du compte, ont ete construit aux Eboulements entre 1793 et 1952, date du dernier chantier. *

On a surtout construit de goeletes a voile. En effet, 126 bateaux de ce type, jaugeant en moyenne soixante-dix tonneaux, ont ete commandes aux charpentiers locaux. La plus petite goelette jaugeait quinze tonneaux a peine, la plus grande 143 tonneaux. C'etait la Zelia, que lanca le capitaine Roger Lavoie en 1874. Malgre ses vingt-sept metres de longueur, la Zelia fut surprise par une forte tempete et fit naufrage a la mi-novembre 1876 sur les recifs de l'Ile large, pres de Pointe-aux-Esquimaux [aujourd'hui Havre-Saint-Pierre].

Sept brigantins jaugeant en moyenne 153 tonneaux furent aussi construits, de meme que dix goelettes a motuer totalisant plus de 1500 tonneaux. Avec ses 259 tonneaux, le brigantin River David, construit pour un marchand de Quebec, fut le plus gros bateau lance aux Eboulements, apres la goelette motorises Mont Ste-Marie, de 343 tonneaux. Cette dernier et la D'Auteuil II. furent les seules goelettes de plus de trente metres de longueur.

Le bois necessira a la construction de tous ces bateaux a ete en grande partie coupee dans les montagnes des Eboulements. Comme il n'y avait pas d'installations de construction permanentes, on improvisait chaque fois un nouveau chantier. On sait que plusieurs bateaux ont ete batis sur le site de l'actuel chantier maritime et sur la partie du rivage comprise entre l'ancienne ecole Jean XXIII et les trois ou quatres amisons situes plus a l'est. En realite, il est vraisemblable que tout le rivage compris entre le cap Martin et le cap Saint-Joseph ait pu servir a l'amenagement de chantiers provisoires.

On ne connait malheureusement pas beaucoup les hommes qui ont pratique les metiers de la construction navale. On peut neammoins mentionner qu'a l'epoque recente de la construction des goelettes a moteur les freres Albert, Antoine et Joseph Audet, comme charpentiers et menuisiers, et les Boivin, pere et fils, pour le calfatage, ont eu la reputation d'etre des hommes adroits et consciencieux.

L'activite a repris puisqu'il y a actuellement trois voiliers en construction a l'Exposition Maritime de St-Joseph-de-la-Rive : La reconstruction du voilier La Grosse Ile(coque #146), La construction de la Belle des Bermudes(coque #147)et La reconstruction du voilier Feu-Follet(coque #148)